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Gnou bleu

Connochaetes taurinus

1 300 000 individus
Risque d'extinction Préoccupation mineure
SavaneCarboneCycle des nutrimentsMigration
Gnou bleu (Connochaetes taurinus)
Photo : Giles Laurent, Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Et si elle disparaissait ?

Impact Majeur
Sur 20 ans (Serengeti)

Quand la peste bovine décimait les gnous du Serengeti, avant les années 1960, l'herbe non broutée alimentait des feux de brousse plus étendus et empêchait le recrutement des arbres. Après l'éradication de la maladie chez le bétail environnant, la population de gnous est passée d'environ 250 000 à plus d'un million d'individus en une quinzaine d'années — ce retour du broutage a réduit nettement l'étendue des feux et permis un recrutement massif d'arbres, la preuve par la négative de ce qu'apporte le gnou en nombre.

Documentée
Détail

Holdo, R.M., Sinclair, A.R.E. et al. (2009). A disease-mediated trophic cascade in the Serengeti and its implications for ecosystem carbon. PLoS Biology, 7(9), e1000210.

L'étude reconstruit la dynamique sur des décennies à partir de recensements aériens, de relevés d'incendies et de mesures de densité d'arbres. Le modèle identifie l'abondance des gnous et la variation intra-annuelle des précipitations comme les meilleurs prédicteurs de l'occurrence des feux, le feu étant lui-même le principal moteur des changements observés dans la densité d'arbres — une cascade où l'herbivorie supprime indirectement le feu, qui permet en retour la régénération ligneuse.

En continu (Serengeti)

Si les gnous disparaissaient à nouveau du Serengeti comme avant les années 1960, l'écosystème pourrait redevenir la source nette de carbone qu'il était, plutôt que le puits net qu'il est devenu — retirant aujourd'hui de l'ordre d'un million de tonnes de carbone par an de l'atmosphère — mais ce chiffre dépend d'une hypothèse que les données actuelles ne permettent pas de vérifier directement.

Extrapolée
Détail

Même étude, Holdo & Sinclair et al. 2009, PLoS Biology — les auteurs distinguent explicitement ce volet comme modélisé plutôt que mesuré.

Les auteurs le disent eux-mêmes : faute de données répétées sur la distribution par classe de taille des arbres, ils doivent supposer que les stocks de carbone sont directement proportionnels à la seule densité d'arbres observée. La reconstruction de la population de gnous et la relation feu-arbres reposent sur des données solides et multiples ; le chiffre de puits de carbone qui en découle reste, par la propre reconnaissance des auteurs, une extrapolation.

Ce qui manque pour confirmer : Un suivi répété de la distribution par classe de taille (et pas seulement de la densité) des arbres du Serengeti permettrait de vérifier l'ampleur réelle du puits de carbone plutôt que de la déduire d'une hypothèse de proportionnalité.

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