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Vautour à dos blanc
Gyps bengalensis
Et si elle disparaissait ?
Impact MajeurUn anti-inflammatoire vétérinaire toxique pour les vautours qui consomment les carcasses de bétail traité fait chuter la population de plus de 99 % en une décennie — l'un des déclins d'oiseau les plus rapides jamais documentés.
DocumentéeDétail
Oaks, J.L., Gilbert, M., Virani, M.Z. et al. (2004). Diclofenac residues as the cause of vulture population decline in Pakistan. Nature, 427(6975), 630–633.
Le diclofénac, largement utilisé pour soigner le bétail, provoque une insuffisance rénale mortelle chez les vautours qui se nourrissent des carcasses d'animaux traités peu avant leur mort. Les habitudes alimentaires communautaires des vautours — plusieurs dizaines d'individus sur une même carcasse — ont propagé l'effet à l'échelle du sous-continent en une décennie à peine.
Sans vautours pour éliminer rapidement les carcasses, la mortalité humaine augmente de plus de 4 % dans les régions les plus favorables à l'espèce — environ 100 000 décès supplémentaires par an.
DocumentéeDétail
Frank, E. et Sudarshan, A. (2024). The Social Costs of Keystone Species Collapse: Evidence from the Decline of Vultures in India. American Economic Review, 114(10), 3007–3040.
En comparant l'évolution de la mortalité humaine dans des régions autrefois très favorables aux vautours à des régions où ils étaient déjà rares, les auteurs isolent l'effet causal de leur disparition : environ un demi-million de décès supplémentaires au total sur la période, pour un coût social chiffré à 69,4 milliards de dollars par an — sans vautours, les carcasses pourrissent à l'air libre ou attirent des chiens errants, ce qui favorise la propagation de maladies dont la rage. Une première évaluation, plus ancienne et moins rigoureuse méthodologiquement, avait chiffré ce coût à environ 34 milliards de dollars cumulés entre 1993 et 2006 (Markandya et al., 2008) — l'écart entre les deux montre à quel point l'estimation s'est affinée avec de meilleures méthodes, pas que le phénomène s'est aggravé.
Le déclin a ralenti, et se serait même inversé pour cette espèce dans certaines régions d'Inde et du Népal — mais combien de temps il faudra pour restaurer pleinement le service d'équarrissage naturel perdu reste incertain.
ExtrapoléeDétail
Prakash, V., Bishwakarma, M.C., Chaudhary, A. et al. (2012). The population decline of Gyps vultures in India and Nepal has slowed since veterinary use of diclofenac was banned. PLoS ONE, 7(11), e49118.
Des relevés de terrain montrent un ralentissement net du déclin, et localement une reprise, depuis l'interdiction. Mais la population reste à une fraction infime de son niveau d'avant 1990, et le diclofénac reste disponible pour usage humain — un détournement vers l'usage vétérinaire reste possible.
Ce qui manque pour confirmer : Aucun suivi ne permet encore de dire à quelle échéance la population retrouvera un niveau suffisant pour restaurer, à l'échelle du sous-continent, le service d'équarrissage naturel documenté avant son effondrement.
Documentation
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IUCN Red List — Gyps bengalensis, statut et population
Consulté le 7 août 2026
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Oaks et al. (2004) — Diclofenac residues as the cause of vulture population decline in Pakistan, Nature
Consulté le 7 août 2026
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Frank & Sudarshan (2024) — The Social Costs of Keystone Species Collapse, American Economic Review
Consulté le 7 août 2026
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Markandya et al. (2008) — Counting the cost of vulture decline, Ecological Economics
Consulté le 7 août 2026
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Prakash et al. (2012) — The population decline of Gyps vultures in India and Nepal has slowed, PLOS ONE
Consulté le 7 août 2026
Dernière vérification : 14 août 2026