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Vautour à dos blanc

Gyps bengalensis

6 000 individus
Risque d'extinction En danger critique
CharognardSanté publiqueDéclin catastrophique
Vautour à dos blanc (Gyps bengalensis)
Photo : Mildeep, Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Et si elle disparaissait ?

Impact Majeur
Une décennie

Un anti-inflammatoire vétérinaire toxique pour les vautours qui consomment les carcasses de bétail traité fait chuter la population de plus de 99 % en une décennie — l'un des déclins d'oiseau les plus rapides jamais documentés.

Documentée
Détail

Oaks, J.L., Gilbert, M., Virani, M.Z. et al. (2004). Diclofenac residues as the cause of vulture population decline in Pakistan. Nature, 427(6975), 630–633.

Le diclofénac, largement utilisé pour soigner le bétail, provoque une insuffisance rénale mortelle chez les vautours qui se nourrissent des carcasses d'animaux traités peu avant leur mort. Les habitudes alimentaires communautaires des vautours — plusieurs dizaines d'individus sur une même carcasse — ont propagé l'effet à l'échelle du sous-continent en une décennie à peine.

Sur 5 ans, pendant l'effondrement

Sans vautours pour éliminer rapidement les carcasses, la mortalité humaine augmente de plus de 4 % dans les régions les plus favorables à l'espèce — environ 100 000 décès supplémentaires par an.

Documentée
Détail

Frank, E. et Sudarshan, A. (2024). The Social Costs of Keystone Species Collapse: Evidence from the Decline of Vultures in India. American Economic Review, 114(10), 3007–3040.

En comparant l'évolution de la mortalité humaine dans des régions autrefois très favorables aux vautours à des régions où ils étaient déjà rares, les auteurs isolent l'effet causal de leur disparition : environ un demi-million de décès supplémentaires au total sur la période, pour un coût social chiffré à 69,4 milliards de dollars par an — sans vautours, les carcasses pourrissent à l'air libre ou attirent des chiens errants, ce qui favorise la propagation de maladies dont la rage. Une première évaluation, plus ancienne et moins rigoureuse méthodologiquement, avait chiffré ce coût à environ 34 milliards de dollars cumulés entre 1993 et 2006 (Markandya et al., 2008) — l'écart entre les deux montre à quel point l'estimation s'est affinée avec de meilleures méthodes, pas que le phénomène s'est aggravé.

Depuis 2006

Le déclin a ralenti, et se serait même inversé pour cette espèce dans certaines régions d'Inde et du Népal — mais combien de temps il faudra pour restaurer pleinement le service d'équarrissage naturel perdu reste incertain.

Extrapolée
Détail

Prakash, V., Bishwakarma, M.C., Chaudhary, A. et al. (2012). The population decline of Gyps vultures in India and Nepal has slowed since veterinary use of diclofenac was banned. PLoS ONE, 7(11), e49118.

Des relevés de terrain montrent un ralentissement net du déclin, et localement une reprise, depuis l'interdiction. Mais la population reste à une fraction infime de son niveau d'avant 1990, et le diclofénac reste disponible pour usage humain — un détournement vers l'usage vétérinaire reste possible.

Ce qui manque pour confirmer : Aucun suivi ne permet encore de dire à quelle échéance la population retrouvera un niveau suffisant pour restaurer, à l'échelle du sous-continent, le service d'équarrissage naturel documenté avant son effondrement.