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Lièvre d'Amérique

Lepus americanus

Densité variant, selon la phase du cycle, d'environ 1 à 10 000…
Risque d'extinction Préoccupation mineure
Cycle prédateur-proieProie cléForêt boréale
Lièvre d'Amérique (Lepus americanus)
Photo : Fralambert, Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Et si elle disparaissait ?

Impact Élevé
1 an

Le lynx du Canada, dont les effectifs suivent depuis trois siècles la courbe du lièvre avec un an ou deux de retard, perd d'un coup sa principale source de nourriture — contrairement aux creux habituels du cycle, rien ne reviendrait cette fois pour le nourrir de nouveau.

Extrapolée
Détail

Extrapolation à partir d'Elton et Nicholson (1942), qui documentent la corrélation cyclique entre les prises de lynx et l'abondance du lièvre sur plus d'un siècle, pas la disparition permanente du lièvre.

Les registres de la Compagnie de la Baie d'Hudson montrent que le nombre de lynx suit fidèlement celui du lièvre depuis au moins trois siècles, avec un décalage d'un à deux ans — la preuve d'une dépendance alimentaire étroite. Ces registres documentent des creux cycliques toujours suivis d'un rebond ; ils ne disent rien de ce qui se passerait si le lièvre ne revenait jamais.

Ce qui manque pour confirmer : Aucune étude ne mesure ce qui arrive au lynx lorsque le lièvre disparaît pour de bon plutôt que de simplement traverser un creux du cycle.

10 ans

Incapable de compenser durablement avec d'autres proies, le lynx s'effondrerait à son tour dans la forêt boréale : pour la première fois en trois siècles de relevés, son nombre ne remonterait pas.

Extrapolée
Détail

Extrapolation à partir d'Elton et Nicholson (1942) : le rebond du lynx après chaque creux est la régularité observée pendant trois siècles ; son absence après dix ans sans lièvre n'est pas elle-même mesurée.

Le cycle de dix ans documenté depuis 1671 n'a jamais connu d'interruption dans les relevés utilisés par Elton et Nicholson — le lynx a toujours fini par rebondir après chaque creux. Un lièvre absent pendant dix années consécutives romprait un schéma qu'aucune donnée commerciale disponible n'a jamais enregistré, avec un effondrement du lynx plutôt qu'un nouveau creux suivi d'un rebond.

Ce qui manque pour confirmer : Aucun relevé ne couvre une décennie complète sans lièvre du tout — seuls des creux temporaires, toujours suivis d'un rebond, ont été enregistrés.

100 ans

Sur un siècle sans lièvre, le lynx du Canada — un spécialiste qui en dépend fortement — aurait vraisemblablement disparu à son tour des régions concernées, laissant le coyote et le renard roux, des prédateurs déjà présents mais moins spécialisés, se partager sa place dans la forêt boréale.

Hypothèse
1000 ans

Sur mille ans, même si le lièvre revenait, le rythme précis de dix ans qui rendait son cycle célèbre ne se rétablirait pas forcément à l'identique : ce rythme reposait sur un prédateur spécialiste, et un généraliste resté en poste pendant l'absence ne répond pas aux hauts et aux bas de sa population de la même façon.

Hypothèse

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