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Chien de prairie à queue noire

Cynomys ludovicianus

10 à 20 millions selon les estimations, très en deçà des niveaux…
Risque d'extinction Préoccupation mineure
Ingénieur d'écosystèmePrairieProie clé
Chien de prairie à queue noire (Cynomys ludovicianus)
Photo : Acroterion, Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Et si elle disparaissait ?

Impact Modéré
1 an

Dès que la colonie disparaît, son réseau de terriers cesse d'être entretenu : les espèces qui s'en servaient comme abri — putois à pieds noirs, chevêche des terriers — perdent cet accès du jour au lendemain.

Extrapolée
Détail

Extrapolation à partir de Miller, Ceballos & Reading (1994), qui documentent le réseau de terriers utilisé par des dizaines d'espèces du vivant de la colonie, pas le devenir de ce réseau après sa disparition.

Miller, Ceballos et Reading (1994) montrent que les terriers du chien de prairie forment un réseau d'habitats utilisé par des dizaines d'espèces, du putois à pieds noirs à la chevêche des terriers, qui en dépendent pour s'abriter ou se nourrir. Ce réseau existe grâce à un entretien continu par la colonie ; sans elle pour creuser et déblayer, l'accès à cet habitat se dégraderait rapidement.

Ce qui manque pour confirmer : Aucune étude ne mesure directement la vitesse à laquelle un réseau de terriers cesse d'être praticable une fois la colonie disparue.

10 ans

Dix ans sans recolonisation, les espèces les plus dépendantes de ce réseau — au premier rang le putois à pieds noirs, qui s'en sert à la fois comme garde-manger et comme abri — commencent à décliner localement, sans que l'ampleur de cet effet sur l'ensemble de la communauté de la prairie fasse consensus.

Extrapolée
Détail

Extrapolation prudente à partir de Miller, Ceballos & Reading (1994) sur la dépendance du putois à pieds noirs et de la chevêche des terriers envers la colonie ; une revue critique de 1999 (Kotliar et al.) conteste l'ampleur de cet effet pour l'ensemble de la communauté de la prairie.

L'effet est solidement documenté pour un petit nombre d'espèces très spécialisées (putois à pieds noirs, chevêche des terriers), mais surestimé selon certains auteurs pour l'ensemble de la communauté animale de la prairie — un exemple où la littérature elle-même est divisée sur l'ampleur exacte de l'effet, pas seulement sur son existence.

Ce qui manque pour confirmer : Un consensus sur l'ampleur réelle (par opposition à la seule existence) de l'effet de clé de voûte du chien de prairie sur l'ensemble de la communauté de la prairie, au-delà des quelques espèces spécialistes bien documentées.

100 ans

La chute de plus de 95 % du chien de prairie depuis le début du 20e siècle, portée par des campagnes d'empoisonnement à grande échelle, a emporté avec elle son plus proche dépendant : le putois à pieds noirs, qui se nourrit presque exclusivement de chien de prairie et vit dans ses terriers, a été déclaré éteint à l'état sauvage en 1979, avant d'être retrouvé par hasard dans une seule colonie survivante au Wyoming en 1981.

Extrapolée
Détail

Extrapolation à partir du déclin de 95 à 98 % du chien de prairie depuis le début du 20e siècle (déjà documenté dans cette fiche) et du fait historique bien établi de la quasi-extinction du putois à pieds noirs, combiné à Miller, Ceballos & Reading (1994) sur sa dépendance directe à la colonie.

Le déclin du chien de prairie sur la quasi-totalité du 20e siècle, principalement dû à des campagnes d'empoisonnement, est déjà documenté dans cette fiche (95 à 98 % sous les niveaux historiques). Le putois à pieds noirs, qui dépend presque entièrement de la colonie pour se nourrir et s'abriter selon Miller, Ceballos et Reading (1994), a suivi cette chute jusqu'à sa quasi-disparition : déclaré éteint à l'état sauvage en 1979, il n'a survécu que grâce à une colonie oubliée près de Meeteetse, au Wyoming, découverte en 1981. La coïncidence entre les deux chronologies est le fait historique le mieux établi ici ; le mécanisme précis reste une extrapolation raisonnable plutôt qu'une étude qui isole la seule cause du chien de prairie.

Ce qui manque pour confirmer : Aucune étude ne décompose la part de la disparition du chien de prairie, par rapport aux autres causes (peste sylvatique, conversion agricole), dans la quasi-extinction du putois à pieds noirs à cette échelle historique.

1000 ans

Sur mille ans, même si le chien de prairie regagnait du terrain, les vastes colonies interconnectées d'avant le 20e siècle — aujourd'hui coupées par les routes et les terres cultivées — mettraient sans doute très longtemps à se reformer à cette échelle, et les espèces les plus exigeantes comme le putois à pieds noirs pourraient ne jamais retrouver l'aire qu'elles occupaient avant son déclin.

Hypothèse

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