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Cachalot

Physeter macrocephalus

840 000 individus, population mondiale
Risque d'extinction Vulnérable
Cycle des nutrimentsMilieu marinCarboneMégafaune
Cachalot (Physeter macrocephalus)
Photo : Gabriel Barathieu, Wikimedia Commons (CC BY-SA 2.0)

Et si elle disparaissait ?

Impact Élevé
Chaque année (Austral)

Sans cachalots pour se nourrir en profondeur puis déféquer près de la surface, dans la zone photique, l'océan Austral perdrait un apport annuel d'environ 50 tonnes de fer — un engrais naturel qui stimule aujourd'hui la production de phytoplancton et l'exportation nette d'environ 200 000 tonnes de carbone vers les profondeurs chaque année, davantage que ce que ces mêmes cachalots émettent en respirant.

Documentée
Détail

Lavery, T.J. et al. (2010). Iron defecation by sperm whales stimulates carbon export in the Southern Ocean. Proceedings of the Royal Society B, 277(1699), 3527–3531.

Le mécanisme diffère de celui documenté chez la baleine noire de l'Atlantique Nord (voir cette fiche) : là où la « pompe à baleines » générale repose sur l'azote et les nutriments remontés de toutes profondeurs, celui-ci cible spécifiquement le fer, micronutriment qui limite la croissance du phytoplancton dans l'océan Austral. Les calculs des auteurs, fondés sur une population d'environ 12 000 cachalots dans cet océan, montrent que l'apport en fer dépasse ce qu'il faudrait pour compenser le carbone respiré par les baleines elles-mêmes — un bilan net négatif en carbone, donc un puits plutôt qu'une source.

Depuis la chasse industrielle

Si la capacité de puits de carbone de l'océan Austral suivait proportionnellement la population de cachalots, la chasse industrielle — qui a réduit l'espèce d'environ deux millions d'individus avant son exploitation à environ 840 000 aujourd'hui à l'échelle mondiale — aurait considérablement affaibli ce service, dont l'ampleur exacte reste difficile à quantifier.

Extrapolée
Détail

Extrapolation à partir de Lavery et al. 2010 et des estimations de population préindustrielle et actuelle.

L'inférence suppose une relation proportionnelle entre nombre de cachalots et fer déféqué, plausible mais non mesurée directement sur une aussi longue période. Le chiffre pertinent serait la population spécifique de l'océan Austral (12 000 individus) plutôt que la population mondiale, et sa trajectoire historique propre est moins bien reconstituée que le total mondial.

Ce qui manque pour confirmer : Une reconstruction historique de la population de cachalots spécifiquement dans l'océan Austral sur la période de la chasse industrielle confirmerait l'ampleur réelle de la perte et du rétablissement de ce puits de carbone particulier.

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