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Bison d'Amérique

Bison bison

480 000 individus
Risque d'extinction Quasi menacée
Ingénieur d'écosystèmePrairieMégaherbivore
Bison d'Amérique (Bison bison)
Photo : Jack Dykinga, Wikimedia Commons (Public domain)

Et si elle disparaissait ?

Impact Modéré
1 an

Sans le broutage et la perturbation hétérogène du sol par le bison, une prairie perdrait les mosaïques de végétation à différents stades de repousse qui augmentent aujourd'hui sa diversité végétale par rapport à un pâturage uniforme.

Documentée
Détail

Knapp, A.K., Blair, J.M., Briggs, J.M. et al. (1999). The Keystone Role of Bison in North American Tallgrass Prairie. BioScience, 49(1), 39–50.

Sur la Konza Prairie (Kansas), les auteurs montrent que le bison broute intensément certaines zones tout en en laissant d'autres intactes, à la différence d'un pâturage bovin plus uniforme. Cette hétérogénéité augmente la diversité des habitats disponibles pour les plantes et les espèces qui en dépendent.

10 ans

Recréer cette hétérogénéité à l'échelle de grandes prairies restaurées pourrait restituer une part de la biodiversité végétale perdue — mais aucune population reconstituée actuelle n'atteint la taille et la liberté de mouvement du troupeau historique étudié.

Extrapolée
Détail

Extrapolation à partir de Knapp et al. (1999) : l'effet mesuré à Konza Prairie appliqué à l'échelle d'une restauration de grande prairie, pas un résultat publié pour cette échelle.

La quasi-totalité des bisons actuels vivent dans des enclos ou des troupeaux gérés à une échelle bien plus réduite que les migrations historiques. Combien de cette échelle et de cette liberté de mouvement sont nécessaires pour reproduire l'effet mesuré à Konza Prairie reste à établir ailleurs.

Ce qui manque pour confirmer : Aucune étude ne confirme à quelle taille de troupeau et quelle superficie l'effet d'hétérogénéité mesuré à Konza Prairie se maintient ou s'estompe.

100 ans

Le bison est passé de dizaines de millions d'individus à seulement 1 091 en 1889 — une quasi-extinction sur la quasi-totalité des Grandes Plaines. Plus d'un siècle plus tard, à peine 20 000 à 30 000 bisons vivent encore dans des troupeaux de conservation à fonction écologique réelle ; l'immense majorité de l'ancienne aire de répartition n'a donc jamais retrouvé le broutage hétérogène que Knapp et ses collègues ont mesuré à Konza Prairie, remplacé par un pâturage bovin plus uniforme ou par l'absence totale de grand herbivore.

Extrapolée
Détail

Extrapolation à partir de Knapp et al. (1999) et des données de population déjà réunies dans cette fiche (creux de 1 091 individus en 1889 ; seulement 20 000 à 30 000 bisons actuels en troupeaux à fonction écologique) — aucune étude ne mesure directement l'état de la végétation sur l'ensemble des Grandes Plaines un siècle après l'effondrement de 1889.

Knapp et al. mesurent l'effet du bison à l'échelle d'une réserve où il a été maintenu ou réintroduit (Konza Prairie). Le fait que la quasi-totalité des Grandes Plaines n'ait jamais retrouvé de bison à fonction écologique depuis l'effondrement de 1889 — remplacé par de l'élevage bovin ou aucun grand herbivore — suggère que l'état homogène que Knapp et al. opposent au broutage du bison est aujourd'hui la norme sur la majeure partie de l'ancienne aire de répartition, plutôt que l'exception. C'est une inférence à partir de deux faits déjà sourcés, pas une mesure directe de la végétation à l'échelle du siècle.

Ce qui manque pour confirmer : Aucune étude ne mesure l'état de la végétation à l'échelle de l'ensemble des Grandes Plaines un siècle après l'effondrement de 1889 — seul l'effet du bison présent à Konza Prairie et les chiffres de population générale sont documentés.

1000 ans

Sur mille ans sans bison en liberté à grande échelle, la prairie aurait probablement développé un état végétal plus uniforme et durablement installé, faute d'un herbivore capable de recréer la même mosaïque à la même échelle — même si les troupeaux de conservation actuels venaient à s'agrandir d'ici là, l'ampleur des déplacements historiques du bison, sur des centaines de kilomètres, n'a plus d'équivalent aujourd'hui et serait difficile à reconstituer.

Hypothèse

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