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Tortue verte

Chelonia mydas

hausse mondiale de plus de 28 % depuis les années 1970, mesurée sur…
Risque d'extinction Préoccupation mineure
Herbivore marinMilieu marinMégaherbivore
Tortue verte (Chelonia mydas)
Photo : P.Lindgren, Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)

Et si elle disparaissait ?

Impact Élevé
Quelques années

Sans tortue verte en abondance, un herbier marin garderait une structure différente de celle qu'impose aujourd'hui son broutage là où les tortues se concentrent (Lakshadweep, Inde) — hauteur du couvert, longueur et densité des pousses, floraison réduite —, un effet qui peut aussi faire basculer la composition en espèces du site.

Documentée
Détail

Lal, A., Arthur, R., Marbà, N., Lill, A.W.T. & Alcoverro, T. (2010). Implications of conserving an ecosystem modifier: Increasing green turtle (Chelonia mydas) densities substantially alters seagrass meadows. Biological Conservation, 143(11), 2730–2738.

L'étude exploite un lagon des îles Lakshadweep (océan Indien) où une agrégation de tortues à densité stable et élevée sert de laboratoire naturel pour observer ce qui se passe à mesure que les populations de tortues vertes se rétablissent ailleurs dans le monde.

Depuis 2005

Dans les cinq atolls suivis depuis 2005, chaque agrégation de tortues à forte densité a fini par épuiser l'herbier en 2 à 6 ans, jusqu'au sable nu — un scénario qui s'est répété atoll après atoll, et qui avait fait disparaître tous les grands herbiers de l'archipel dès 2019.

Documentée
Détail

Gangal, M. et al. (2021). Sequential overgrazing by green turtles causes archipelago-wide functional extinctions of seagrass meadows. Biological Conservation.

Ce suivi de long terme complète et nuance le premier point : le broutage de la tortue verte n'est pas seulement une force positive pour l'herbier. Sans limite à la densité ou à la sédentarité des tortues, le broutage répété au même endroit peut mener à un effondrement complet plutôt qu'à un simple changement de structure.

Prochaines décennies

Le rétablissement des tortues vertes pourrait continuer d'améliorer la santé des herbiers ailleurs dans le monde — mais surtout là où les requins, leurs principaux prédateurs, ne sont pas eux-mêmes décimés par la surpêche : c'est la pression de prédation qui limite historiquement la densité et la sédentarité des tortues, et son absence pourrait reproduire ailleurs le scénario de collapsus observé aux Lakshadweep.

Extrapolée
Détail

Heithaus, M.R., Alcoverro, T. et al. (2014). Seagrasses in the age of sea turtle conservation and shark overfishing. Frontiers in Marine Science, 1, 28.

Les auteurs rassemblent des données expérimentales de plusieurs bassins océaniques montrant que l'impact négatif des tortues sur les herbiers est atténué là où les populations de requins restent intactes — la simple présence du risque de prédation change le comportement de broutage des tortues (un « paysage de la peur » comparable à celui du loup à Yellowstone). Mais il s'agit d'une synthèse et d'une mise en garde prospective, pas d'une confirmation site par site à l'échelle mondiale.

Ce qui manque pour confirmer : Un suivi comparé entre lagons où les populations de requins restent intactes et lagons où elles sont surpêchées, à mesure que les populations de tortues continuent de croître partout dans le monde, confirmerait si le schéma des Lakshadweep se généralise ou reste un cas régional.

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