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Saïga

Saiga tatarica

4 100 000 individus (Kazakhstan, 2025)
Risque d'extinction Quasi menacée
Déclin catastrophiqueConservationConflit humain-faune
Saïga (Saiga tatarica)
Photo : Andrey Giljov, Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Et si elle disparaissait ?

Impact Élevé
Sur 18 ans

Malgré un épisode de mortalité de masse en 2015 qui a tué plus des deux tiers de la population mondiale d'alors (voir le point suivant), la population a été reclassée en décembre 2023 de « en danger critique » à « quasi menacée » par l'UICN — un redressement de 48 000 individus en 2005 à environ 1,9 million en 2023, porté par une interdiction nationale de la chasse et une surveillance renforcée.

Documentée
Détail

UICN, Liste rouge — Saiga tatarica, réévaluation de décembre 2023.

L'UICN qualifie ce changement de catégorie de « triomphe de conservation sans précédent » — un saut direct de deux catégories de menace, aussi rare dans le sens du redressement qu'il l'est habituellement dans celui du déclin. Les populations plus petites de Russie, d'Ouzbékistan et de Mongolie progressent aussi, mais restent des dizaines de fois plus réduites que celle du Kazakhstan.

Épisode de mortalité de masse, Kazakhstan

En trois semaines, environ 200 000 saïgas sont morts — plus des deux tiers de la population mondiale d'alors, et 88 % de la seule population de Betpak-Dala — d'une septicémie hémorragique déclenchée par une vague de chaleur et d'humidité inhabituelle qui a fait proliférer une bactérie jusque-là inoffensive.

Documentée
Détail

Kock, R.A. et al. (2018). Saigas on the brink: Multidisciplinary analysis of the factors influencing mass mortality events. Science Advances, 4(1), eaao2314.

L'agent pathogène, Pasteurella multocida de sérotype B, est normalement présent sans danger dans les voies respiratoires du saïga ; les auteurs montrent que des conditions météorologiques précises — température et humidité de l'air anormalement élevées durant les dix jours précédant l'événement — ont permis sa prolifération jusqu'à un seuil létal. Au sein des troupeaux touchés, le taux de mortalité a atteint 100 %.

Aujourd'hui, Kazakhstan

Le rétablissement a été si rapide que le Kazakhstan débat désormais d'un usage régulé de l'espèce plutôt que de sa seule protection — les densités élevées de saïgas entrent en conflit croissant avec l'agriculture et le pâturage dans l'ouest du pays.

Extrapolée
Détail

The Astana Times (avril 2025). Kazakhstan's Saiga Population Reaches 4.1 Million as Debate Grows Over Regulation Measures.

La population atteint 4,1 millions d'individus en 2025, répartis entre les populations de l'Oural (2,3 millions), de Betpak-Dala (1,6 million) et d'Ustyurt (92 200) — plus de 98 % de la population mondiale se trouve désormais au Kazakhstan. Le débat oppose des experts favorables à un prélèvement durable à des élus locaux qui préfèrent des méthodes non létales de régulation — un problème de gestion inverse de celui documenté pour la quasi-totalité des autres fiches de ce référentiel.

Ce qui manque pour confirmer : Une évaluation chiffrée de l'ampleur réelle des dégâts agricoles attribués au saïga, plutôt que la seule description qualitative d'un conflit croissant avec le pâturage et les cultures.

Non mesuré à ce jour

Le saïga est un grand brouteur des steppes d'Asie centrale, mais aucune étude ne mesure ce que sa quasi-disparition en 2015 ou son rétablissement spectaculaire depuis ont changé pour la végétation steppique elle-même — la littérature disponible porte sur la démographie de l'espèce, pas sur son rôle de brouteur dans l'écosystème.

Insuffisante