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Petite chauve-souris brune (vespertilion brun)

Myotis lucifugus

autrefois l'une des espèces de chauve-souris les plus communes…
Risque d'extinction En danger
AgricoleContrôle biologiqueDéclin catastrophiqueMaladie fongique
Petite chauve-souris brune (vespertilion brun) (Myotis lucifugus)
Photo : Don Pfritzer, U.S. Fish and Wildlife Service, Wikimedia Commons (Public domain)

Et si elle disparaissait ?

Impact Élevé
1 an

Quand le syndrome du museau blanc frappe un site d'hibernation, la colonie de petites chauves-souris brunes s'effondre presque aussitôt — parfois de plus de 90 % en une saison. Cette chute retire d'un coup la pression de prédation qu'elle exerçait sur les 160 espèces de ravageurs agricoles et de vecteurs de maladie identifiées dans son régime, dans le rayon de chasse de la colonie disparue.

Extrapolée
Détail

Extrapolation à partir de Frick et al. (2010), qui documente la rapidité et l'ampleur des effondrements de colonies dus au syndrome du museau blanc, et de Maslo et al. (2022), qui identifie par ADN les 160 espèces de ravageurs et de vecteurs présentes dans le régime de l'espèce — aucune étude ne mesure directement le relâchement de la pression de prédation sur ces proies après l'effondrement d'une colonie.

Frick et al. (2010) montrent que les colonies d'hibernation touchées par le champignon s'effondrent en quelques saisons, avec des baisses locales dépassant 90 %. Maslo et al. (2022) identifient par métabarcodage ADN du guano 653 proies distinctes, dont 160 ravageurs agricoles ou vecteurs de maladie connus. Combiner les deux permet de déduire que la disparition d'une colonie retire presque aussitôt la pression de prédation sur ces proies précises, sans qu'aucune étude n'ait encore suivi ce relâchement sur le terrain.

Ce qui manque pour confirmer : Un suivi des populations des 160 espèces de ravageurs et de vecteurs identifiées, dans les mois suivant l'effondrement d'une colonie, pour confirmer le délai et l'ampleur du relâchement de la pression de prédation.

10 ans

Le syndrome s'est propagé à l'échelle de tout l'est de l'Amérique du Nord depuis son apparition en 2006, effondrant des colonies entières d'une saison à l'autre. Ce n'est plus un site isolé qui perd son contrôle d'insectes, mais des pans entiers du continent — au point que les auteurs projettent une extinction régionale complète dans plusieurs zones touchées.

Extrapolée
Détail

Extrapolation à partir de Frick et al. (2010), qui modélise la trajectoire régionale de l'espèce vers l'extinction dans les zones touchées, combiné à Maslo et al. (2022) pour la composition du régime — l'étendue exacte du service de régulation perdu à l'échelle régionale n'est pas mesurée directement.

Frick et al. (2010) combinent des décennies de comptages hivernaux et des modèles démographiques pour projeter une trajectoire d'extinction régionale dans plusieurs zones touchées par le syndrome, pas seulement un déclin local ponctuel. Étendre à cette échelle le rôle de régulation identifié par Maslo et al. (2022) — 160 ravageurs et vecteurs dans le régime — suggère que c'est un service rendu à l'échelle de tout un pan du continent qui s'efface, pas seulement celui d'un site d'hibernation isolé.

Ce qui manque pour confirmer : Une mesure régionale, plutôt que site par site, de la pression de prédation résiduelle sur les 160 espèces de ravageurs et de vecteurs identifiées, à mesure que le syndrome progresse.

100 ans

Si la trajectoire du modèle se confirme sur un siècle, ce service de régulation disparaîtrait pour de bon dans les régions touchées. D'autres chauves-souris insectivores prendraient sans doute une partie du relais, mais sans cibler exactement les mêmes 160 espèces de ravageurs et de vecteurs — un contrôle moins précis, dont personne n'a encore mesuré le coût réel en pertes agricoles ou en maladies à insectes.

Hypothèse
1000 ans

Sur mille ans, un autre insectivore occuperait sans doute la niche générale laissée vide, mais probablement pas avec la même sélection de proies que celle révélée par l'ADN du guano — 653 espèces distinctes, dont ces 160 ravageurs et vecteurs bien identifiés. Cette empreinte précise, façonnée par l'histoire propre de l'espèce, ne se recréerait vraisemblablement jamais à l'identique.

Hypothèse