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Oursin-diadème des Caraïbes

Diadema antillarum

environ 12 % des densités d'avant 1983, mesuré en 2015 ; nouvel…
Risque d'extinction Non évaluée
Espèce clé de voûteRécif corallienMilieu marin
Oursin-diadème des Caraïbes (Diadema antillarum)
Photo : Enrique Dans, Wikimedia Commons (CC BY 2.0)

Et si elle disparaissait ?

Impact Majeur
1 an

Dès la première année suivant la disparition de l'oursin-diadème, les algues charnues — que son broutage tenait en respect — commenceraient probablement à envahir le substrat corallien, avant même que la chute de la couverture corallienne ne soit pleinement visible.

Extrapolée
Détail

Extrapolation à partir de Hughes (1994), qui documente l'état du récif de Discovery Bay plusieurs années après la mortalité de masse de 1983-1984, pas le rythme de la première année.

Hughes (1994) documente l'état du récif plusieurs années après la mortalité de masse, une fois le basculement vers les algues déjà installé — pas la vitesse à laquelle les algues ont commencé à gagner du terrain dès les premiers mois. Le raisonnement part du fait que les algues charnues poussent vite dès qu'un grand brouteur disparaît ; le délai avant que la perte de couverture corallienne soit mesurable reste, lui, documenté sur plusieurs années.

Ce qui manque pour confirmer : Aucune mesure précise du récif de Discovery Bay dans les douze mois suivant la mortalité de masse de 1983-1984 n'apparaît dans les sources disponibles — le suivi documenté commence plus tard, une fois le basculement déjà entamé.

10 ans

Dix ans après la mort de 95 à 99 % des oursins-diadèmes des Caraïbes en 1983-1984 — dernier grand brouteur d'algues restant après des décennies de surpêche des poissons herbivores —, le récif de Discovery Bay en Jamaïque était passé de plus de 50 % de couverture corallienne à moins de 5 %, pendant que les algues charnues envahissaient plus de 90 % du substrat.

Documentée
Détail

Hughes, T.P. (1994). Catastrophes, phase shifts, and large-scale degradation of a Caribbean coral reef. Science, 265(5178), 1547–1551.

Le suivi à long terme de Discovery Bay montre que la surpêche des poissons herbivores, déjà ancienne, avait rendu le récif dépendant de l'oursin comme dernier rempart de pâturage. Sa disparition brutale, causée par un agent pathogène propagé depuis l'entrée atlantique du canal de Panama, a retiré ce dernier frein — en une décennie, le récif avait basculé d'un état dominé par le corail à un état dominé par les algues.

100 ans

Un siècle sans oursin-diadème verrouillerait vraisemblablement une large part des récifs caribéens dans un état dominé par les algues plutôt que par le corail, combiné aux vagues de blanchissement liées au réchauffement — le rétablissement observé depuis 1983 reste si lent et inégal, encore aggravé par une seconde mortalité de masse en 2022, qu'un siècle entier ne suffirait probablement pas à l'inverser.

Extrapolée
Détail

Extrapolation à partir des données de rétablissement sur 30 ans (Lessios 2016) et de la mortalité de masse de 2022 (Hylkema et al. 2023), prolongées au-delà de la période effectivement mesurée.

Le rétablissement de l'oursin variait déjà fortement d'une île à l'autre en 2015 (environ 12 % des densités d'avant 1983 en moyenne), et la nouvelle mortalité de masse de 2022 a de nouveau réduit une population qui peinait déjà à se rétablir après près de quatre décennies. Prolonger cette trajectoire sur un siècle suppose qu'aucun rétablissement rapide ne survienne d'ici là, ce qui reste une hypothèse au-delà de ce que les 40 années déjà observées permettent d'affirmer avec certitude.

Ce qui manque pour confirmer : Une projection sur cent ans suppose qu'aucun rétablissement rapide de l'oursin ni aucune autre espèce brouteuse ne vienne changer la trajectoire — hypothèse plausible mais non vérifiable avec les données actuelles, qui ne couvrent qu'environ 40 ans.

1000 ans

Sur mille ans, même si l'oursin-diadème revenait par intermittence, des récifs restés des siècles dominés par les algues auraient probablement perdu une bonne partie de leur structure corallienne par simple érosion — le retour du brouteur, à lui seul, ne suffirait vraisemblablement plus à reconstruire ce que le récif a mis des millénaires à bâtir.

Hypothèse