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Ours brun

Ursus arctos

200 000 individus, toutes populations mondiales confondues
Risque d'extinction Préoccupation mineure
PrédateurCycle des nutrimentsCours d'eauForêt tempérée
Ours brun (Ursus arctos)
Photo : Greg Wilker, U.S. Fish and Wildlife Service, Wikimedia Commons (Public domain)

Et si elle disparaissait ?

Impact Modéré
Chaque saison de fraie

Sans ours pour pêcher le saumon et traîner les carcasses hors du cours d'eau, la forêt riveraine perdrait une bonne part des 37,2 kg d'azote d'origine marine qu'une ourse adulte y redistribue en moyenne chaque année — 96 % excrété directement par l'urine, loin de la berge. L'azote foliaire des épinettes voisines diminue déjà mesurablement avec la distance au cours d'eau à saumons, preuve directe de ce transport.

Documentée
Détail

Hilderbrand, G.V., Hanley, T.A., Robbins, C.T. & Schwartz, C.C. (1999). Role of brown bears (Ursus arctos) in the flow of marine nitrogen into a terrestrial ecosystem. Oecologia, 121, 546–550.

L'apport net d'azote marin à la forêt riveraine augmente nettement en présence conjointe du saumon et de l'ours, mais pas avec l'un des deux seul : l'ours n'est pas un simple témoin de l'abondance du saumon, il en est le vecteur de transport vers l'intérieur des terres. Helfield & Naiman (2006, Ecosystems, 9, 167–180) estiment que cette interaction saumon-ours peut fournir jusqu'à 24 % du budget d'azote riverain.

Par extrapolation

Priver un cours d'eau à saumons de ses ours n'empêcherait pas l'azote marin d'entrer dans l'écosystème, mais le concentrerait près de la berge plutôt que de le disperser profondément dans la forêt riveraine — un effet sur l'étendue spatiale de la fertilisation forestière plutôt que sur son existence même.

Extrapolée
Détail

Extrapolation à partir du modèle de bilan de masse de Hilderbrand et al. 1999 et de Helfield & Naiman 2006 : aucune de ces études ne compare directement un cours d'eau à saumons avec et sans ours, faute d'un tel site naturel.

Les deux études mesurent ce que l'ours transporte réellement, mais aucune ne dispose d'un site témoin sans ours pour isoler son effet spécifique de celui d'autres vecteurs (loups, aigles, prélèvement humain). L'inférence — une fertilisation plus étroite et plus concentrée près du cours d'eau en l'absence d'ours — découle logiquement du mécanisme documenté, sans avoir été testée telle quelle sur le terrain.

Ce qui manque pour confirmer : Une comparaison directe entre cours d'eau à saumons avec et sans ours, contrôlant pour les autres vecteurs de transport de l'azote marin, confirmerait l'ampleur réelle de la perte spécifique à l'ours plutôt que de la déduire d'un modèle de bilan de masse.

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