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Ours brun
Ursus arctos
Et si elle disparaissait ?
Impact ModéréSans ours pour capturer le saumon et traîner les carcasses hors de l'eau, la forêt riveraine ne recevrait pas les 37,2 kg d'azote d'origine marine qu'une ourse adulte y redistribue en moyenne chaque année — l'apport d'azote marin n'augmente qu'en présence conjointe du saumon et de l'ours, jamais avec le saumon seul.
DocumentéeDétail
Hilderbrand, G.V., Hanley, T.A., Robbins, C.T. & Schwartz, C.C. (1999). Role of brown bears (Ursus arctos) in the flow of marine nitrogen into a terrestrial ecosystem. Oecologia, 121, 546–550.
96 % de cet azote est excrété directement par l'urine de l'ours, loin de la berge où il pêche — c'est ce déplacement physique par l'ours, et non la seule présence du saumon, qui explique la hausse mesurée de l'azote foliaire des épinettes à proximité des cours d'eau à saumons. Helfield & Naiman (2006, Ecosystems, 9, 167–180) estiment que cette interaction saumon-ours peut fournir jusqu'à 24 % du budget d'azote riverain.
Sur une décennie, l'azote marin continuerait d'entrer dans l'écosystème par d'autres voies, mais se concentrerait près de la berge plutôt que de se répandre profondément dans la forêt riveraine — la zone fertilisée se rétrécirait, sans disparaître complètement.
ExtrapoléeDétail
Extrapolation à partir du modèle de bilan de masse de Hilderbrand et al. 1999 et de Helfield & Naiman 2006 : aucune de ces études ne compare directement un cours d'eau à saumons avec et sans ours, faute d'un tel site naturel.
Les deux études mesurent ce que l'ours transporte réellement vers l'intérieur des terres, mais aucune ne dispose d'un site témoin sans ours pour isoler son effet spécifique de celui d'autres vecteurs (loups, aigles, prélèvement humain). Le rétrécissement de la zone fertilisée découle logiquement du mécanisme documenté, sans avoir été mesuré tel quel sur le terrain.
Ce qui manque pour confirmer : Une comparaison directe entre cours d'eau à saumons avec et sans ours, contrôlant pour les autres vecteurs de transport de l'azote marin, confirmerait l'ampleur réelle du rétrécissement plutôt que de la déduire d'un modèle de bilan de masse.
Sur un siècle, la bande de forêt fertilisée resterait probablement confinée aux abords immédiats du cours d'eau : les épinettes plus éloignées, privées durablement de cet apport, grandiraient plus lentement que celles de la rive, un contraste qui marquerait la structure même de la forêt riveraine.
HypothèseSur un millénaire, d'autres vecteurs comme les loups ou les aigles pourraient transporter une partie de cet azote marin vers la forêt, mais en quantité bien moindre et sur une portée plus courte que l'ours : la large diffusion qu'il assurait ne se referait probablement jamais tout à fait à l'identique.
HypothèseDocumentation
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Hilderbrand et al. (1999) — Role of brown bears (Ursus arctos) in the flow of marine nitrogen into a terrestrial ecosystem, Oecologia 121
Consulté le 7 août 2026
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Helfield & Naiman (2006) — Keystone Interactions: Salmon and Bear in Riparian Forests of Alaska, Ecosystems 9
Consulté le 7 août 2026
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IUCN Red List — Brown Bear (Ursus arctos), statut et estimation mondiale
Consulté le 7 août 2026
Dernière vérification : 16 août 2026