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Orang-outan de Bornéo

Pongo pygmaeus

entre 55 000 et 104 000 individus selon les estimations les plus…
Risque d'extinction En danger critique
Forêt tropicaleDisperseur de grainesDéclin catastrophiqueExtinction
Orang-outan de Bornéo (Pongo pygmaeus)
Photo : A.Baihaqi, Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Et si elle disparaissait ?

Impact Élevé
1 an

Sans orang-outan, les graines à grosse taille que lui seul, sur cette île, avale entier cessent d'être transportées : trois quarts de ses excréments analysés contenaient des graines intactes de 24 genres différents, déplacées en moyenne de 500 à 600 mètres du pied de l'arbre mère.

Documentée
Détail

Blackburn, A., Susanto, T.W. & Knott, C.D. (2020). Orangutan seed dispersal in Gunung Palung National Park, Borneo, Indonesia: dispersal quantity, germination rates, gut transit times, and dispersal distances. 7th Frugivores and Seed Dispersal Symposium.

Étude portant sur 549 échantillons fécaux prélevés sur 36 individus au parc national de Gunung Palung (Bornéo). L'orang-outan est l'un des seuls animaux de Bornéo assez grand pour avaler entier les fruits à grosses graines, sur une île qui n'a ni éléphant ni rhinocéros pour jouer ce rôle — ce qui rend ce transport difficile à remplacer par une autre espèce dès qu'il s'arrête.

10 ans

D'une saison de fructification à l'autre, ces graines tomberaient désormais sous leur propre arbre plutôt qu'à distance — et pour cinq des six genres testés, elles germeraient aussi moins bien : passées par le tube digestif de l'orang-outan, elles germaient significativement mieux que des graines témoins, un avantage qui disparaît avec lui.

Extrapolée
Détail

Extrapolation à partir de Blackburn, Susanto & Knott (2020), qui mesure la distance de dispersion et l'avantage de germination lié au passage digestif sur les orangs-outans actuellement présents, sans suivre ce qui arrive au recrutement des jeunes arbres une fois l'espèce disparue.

L'étude établit deux faits directement mesurés — la distance de transport des graines et l'avantage de germination après passage digestif — mais pas leur effet cumulé sur plusieurs saisons de fructification. En forêt tropicale, les graines tombées près de l'arbre mère subissent typiquement une mortalité plus forte par prédation et compétition ; combiné à une germination déjà plus faible sans passage digestif, ce recrutement des jeunes essences concernées reculerait vraisemblablement d'année en année.

Ce qui manque pour confirmer : Aucun suivi du recrutement réel de jeunes arbres n'a été mené sur plusieurs saisons pour confirmer que la perte de dispersion et de germination se traduit bien par moins de jeunes plants établis, plutôt que d'être compensée par d'autres disperseurs.

100 ans

Dans les zones où l'orang-outan a disparu depuis les années 1950 — soit déjà près d'un siècle par endroits — la régénération des essences à grosses graines serait vraisemblablement mesurablement plus lente que dans les forêts où il persiste encore ; mais dans un paysage aussi largement converti en plantations, cet effet resterait difficile à distinguer de celui, bien plus massif, de la disparition de la forêt elle-même.

Hypothèse
1000 ans

Sur un millénaire, faute d'un autre animal assez grand sur l'île pour avaler ces fruits entiers, les essences qui dépendaient de l'orang-outan seraient vraisemblablement désavantagées de façon durable face à celles dispersées autrement — un déséquilibre dans la composition de la forêt qui ne se corrigerait sans doute jamais vraiment, même si la forêt elle-même finissait par se régénérer ailleurs.

Hypothèse