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Manchot empereur

Aptenodytes forsteri

595 000 adultes (2026)
Risque d'extinction En danger
Milieu marinChangement climatiqueDéclin catastrophiqueEspèce parapluie
Manchot empereur (Aptenodytes forsteri)
Photo : Ian Duffy, Wikimedia Commons (CC BY 2.0)

Et si elle disparaissait ?

Impact Élevé
Mer de Bellingshausen

Quatre des cinq colonies suivies par satellite dans la mer de Bellingshausen ont subi un échec total de reproduction en 2022 — aucun poussin n'a survécu — après une perte de 100 % de la banquise en novembre, avant même que les jeunes n'aient pu achever leur envol.

Documentée
Détail

Fretwell, P.T., Boutet, A. et Ratcliffe, N. (2023). Record low 2022 Antarctic sea ice led to catastrophic breeding failure of emperor penguins. Communications Earth & Environment, 4, 273.

Les auteurs ont suivi par imagerie satellite Sentinel-2 la présence de manchots sur cinq colonies entre 2018 et 2022 — l'île Rothschild, l'anse Verdi, l'île Smyley, la côte Bryan et la pointe Pfrogner. Seule la colonie de l'île Rothschild a connu un envol réussi cette année-là ; les quatre autres ont été abandonnées après la débâcle précoce de la glace — un événement que les auteurs qualifient de sans précédent à cette échelle sur une seule saison.

D'ici 2100, scénario d'émissions actuelles

Si les émissions de gaz à effet de serre suivent leur trajectoire actuelle, 98 % des colonies de manchots empereurs pourraient avoir disparu d'ici 2100 — un déclin qui resterait lent jusque vers 2040, avant de s'accélérer brutalement une fois la couverture de banquise passée sous un seuil viable pour la reproduction.

Extrapolée
Détail

Jenouvrier, S. et al. (2021). The call of the emperor penguin: Legal responses to species threatened by climate change. Global Change Biology, 27(20), 5008–5029.

L'étude combine plusieurs modèles climatiques et écologiques pour intégrer l'incertitude propre à chacun, plutôt que de s'appuyer sur une seule projection — une méthode conçue pour éclairer des décisions de protection légale de l'espèce, notamment aux États-Unis, où elle a contribué à la reconnaissance du changement climatique comme menace directe justifiant une inscription au titre de la loi sur les espèces en danger.

Ce qui manque pour confirmer : Une confirmation, année après année, que le rythme réel du déclin suit bien la trajectoire projetée plutôt qu'une autre, puisque l'accélération prévue vers 2040 n'a pas encore pu être observée sur le terrain.

Non mesuré à ce jour

Le manchot empereur est un maillon de la chaîne alimentaire antarctique — prédateur de krill et de poissons, proie occasionnelle de phoques et d'orques —, mais aucune étude ne mesure ce que sa disparition changerait pour ces populations : la littérature disponible documente le déclin de l'espèce elle-même, pas son rôle fonctionnel dans l'écosystème.

Insuffisante