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Lapin de garenne

Oryctolagus cuniculus

Aucun chiffre mondial publié. Déclin d'environ 30 % sur l'ensemble de…
Risque d'extinction Quasi menacée
Proie cléMilieu méditerranéenDéclin catastrophique
Lapin de garenne (Oryctolagus cuniculus)
Photo : JM Ligero Loarte, Wikimedia Commons (CC BY 3.0)

Et si elle disparaissait ?

Impact Élevé
1 an

Quand un nouveau virus a fait chuter les populations de lapin de 60 à 70 % en Ibérie, l'effet sur ses prédateurs s'est fait sentir presque aussitôt : le succès des naissances a chuté de 65,7 % chez le lynx ibérique et de 45,5 % chez l'aigle impérial ibérique, les deux prédateurs qui en dépendent le plus.

Documentée
Détail

Disease-mediated bottom-up regulation: An emergent virus affects a keystone prey, and alters the dynamics of trophic webs. Scientific Reports, 6, 36072 (2016).

Le lapin de garenne constitue plus de 85 % du régime alimentaire du lynx ibérique. L'étude établit un lien direct entre l'émergence du variant RHDV2 du virus, l'effondrement local des populations de lapin, et la baisse mesurée du succès reproducteur des deux prédateurs spécialistes qui en dépendent le plus étroitement.

10 ans

Le lapin sert de proie à une quarantaine d'espèces de prédateurs dans la péninsule ibérique. Dix ans après le choc initial sur les deux spécialistes, ce déclin se propagerait vraisemblablement bien au-delà d'eux, vers des prédateurs plus généralistes qui le consomment sans en dépendre aussi étroitement.

Extrapolée
Détail

Extrapolation à partir de la littérature sur le rôle de proie clé du lapin en Méditerranée occidentale, au-delà des deux cas mesurés directement.

Le lynx ibérique et l'aigle impérial sont les cas les mieux documentés parce que ce sont des spécialistes stricts du lapin. Une quarantaine d'autres prédateurs le consomment occasionnellement sans en dépendre aussi étroitement — l'effet sur eux n'a pas été mesuré individuellement, mais leur nombre suggère un déclin qui, sur dix ans, ne resterait pas confiné aux deux spécialistes.

Ce qui manque pour confirmer : L'effet précis du déclin du lapin sur les prédateurs généralistes qui le consomment occasionnellement, plutôt que d'en dépendre étroitement, n'est pas mesuré espèce par espèce.

100 ans

La myxomatose, introduite délibérément en France en 1952 puis répandue dans une grande partie de l'Europe, prive déjà des générations de prédateurs de lapins abondants depuis près d'un siècle. Le lynx ibérique, dont le régime dépend du lapin à plus de 85 %, n'aurait vraisemblablement pas pu se maintenir sous sa forme actuelle sans cette proie — ni l'aigle impérial, dont la reproduction s'effondre dès que le lapin se raréfie.

Hypothèse
1000 ans

Sur mille ans sans lapin, la dépendance quasi exclusive qui liait le lynx ibérique et l'aigle impérial à cette seule proie n'aurait probablement plus de raison de se reconstituer : ces spécialistes se seraient éteints ou remplacés par des prédateurs plus généralistes — et même si le lapin revenait après un millénaire, cette relation étroite ne se recréerait sans doute pas à l'identique.

Hypothèse

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