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Dugong
Dugong dugon
Et si elle disparaissait ?
Impact ModéréEn broutant intensément un herbier, le dugong stimule la repousse d'herbes marines plus riches en azote — jusqu'à 35 % de plus qu'un herbier non brouté après un an — plutôt que d'épuiser simplement la ressource qu'il consomme.
DocumentéeDétail
Aragones, L.V., Lawler, I.R., Foley, W.J. et Marsh, H. (2006). Dugong grazing and turtle cropping: grazing optimization in tropical seagrass systems? Oecologia, 149(4), 635–647.
En simulant expérimentalement un broutage léger et un broutage intensif sur deux herbiers du Queensland tropical, puis en mesurant la repousse après 1 à 4 mois et après 11 à 13 mois, les auteurs montrent que les espèces préférées du dugong (Halophila ovalis et Halodule uninervis) repoussent avec une concentration en azote supérieure de 35 % et 25 % respectivement à celle des témoins non broutés après un an — un gain cependant nuancé par une baisse de l'amidon et une hausse des fibres. Le broutage par la tortue verte produit un effet comparable (+30 % d'azote sur Halophila ovalis).
Sur la côte urbaine du Queensland, la population de dugongs est passée d'environ 72 000 individus au début des années 1960 à environ 4 220 au milieu des années 1990 — un déclin de 8,7 % par an, jusqu'à ne plus représenter que 3,1 % de son niveau initial.
DocumentéeDétail
Marsh, H., De'ath, G., Gribble, N. et Lane, B. (2005). Historical marine population estimates: Triggers or targets for conservation? The dugong case study. Ecological Applications, 15(2), 481–492.
Les auteurs reconstituent l'ampleur du déclin en combinant les relevés aériens des années 1990 avec le taux de capture accidentelle de dugongs dans les filets anti-requins installés le long de six sites côtiers entre 16,5° S et 28° S — une méthode indirecte, mais la seule série continue disponible depuis les années 1960, avant les premiers relevés aériens systématiques.
Un modèle appliqué à un herbier de 145 km² au Bahreïn estime qu'une population d'environ 700 dugongs y multiplierait le stockage de carbone dans le sédiment par 2,6 en moyenne — mais il s'agit d'une projection numérique, pas encore d'une mesure directe de terrain.
ExtrapoléeDétail
Extrapolation à partir de Schmitz, O.J. et AlMealla, R.K. (2026). Integrating megafauna into blue carbon strategies: dugongs could enhance seagrass carbon storage. Frontiers in Marine Science, 13, 1816090 — un modèle, pas une mesure de terrain du stock de carbone avant et après broutage.
Le modèle estime que la présence de dugongs multiplierait la production primaire nette et le bilan carbone net de l'écosystème par 2,4 en moyenne (fourchette 1,1 à 4,2) et le stockage de carbone du sédiment par 2,6 en moyenne (fourchette 1,1 à 7,6), soit environ 79 000 tonnes de carbone captées en plus chaque année sur la zone d'étude. Les fourchettes larges reflètent l'incertitude d'un exercice de modélisation plutôt qu'une mesure répétée sur le terrain.
Ce qui manque pour confirmer : Aucune mesure directe de terrain, avant/après une variation réelle de densité de dugongs, ne confirme encore l'ampleur de cet effet sur le stockage de carbone prédit par le modèle.
Documentation
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IUCN Red List — Dugong dugon, évaluation 2019 (Marsh & Sobtzick)
Consulté le 14 août 2026
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Aragones, Lawler, Foley & Marsh (2006) — Dugong grazing and turtle cropping: grazing optimization in tropical seagrass systems?, Oecologia
Consulté le 14 août 2026
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Marsh, De'ath, Gribble & Lane (2005) — Historical marine population estimates: Triggers or targets for conservation? The dugong case study, Ecological Applications
Consulté le 14 août 2026
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Schmitz & AlMealla (2026) — Integrating megafauna into blue carbon strategies: dugongs could enhance seagrass carbon storage, Frontiers in Marine Science
Consulté le 14 août 2026
Dernière vérification : 14 août 2026