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Bousier

Digitonthophagus gazella

non évaluée par l'UICN ; établie durablement dans au moins 12 sites…
Risque d'extinction Non évaluée
Contrôle biologiqueCycle des nutrimentsAgricoleSanté publique
Bousier (Digitonthophagus gazella)
Photo : Judy Gallagher, Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Et si elle disparaissait ?

Impact Élevé
Avant le programme, Australie

Les bousiers indigènes d'Australie, adaptés aux crottes fibreuses des marsupiaux, ne savaient pas traiter les bouses molles et abondantes du bétail introduit par les colons européens — chaque bouse non enfouie pouvait à elle seule faire éclore jusqu'à 3 000 mouches en deux semaines, en plus d'étouffer le pâturage sous-jacent.

Documentée
Détail

Bornemissza, G.F. (1976). The Australian dung beetle project 1965-1975. Australian Meat Research Committee Review, 1976, 1–30.

Avec plus de 20 millions de bovins produisant chacun une dizaine de bouses par jour, l'absence d'un bousier capable de traiter ce type de déjection représentait un vide fonctionnel à l'échelle du pays — pas l'absence d'une espèce en particulier, mais celle d'une guilde entière adaptée à ce type de ressource.

Sur 20 ans (Australie)

En introduisant 55 espèces de bousiers depuis l'Afrique, l'Europe du Sud et Hawaï, dont Digitonthophagus gazella parmi les toutes premières établies avec succès, le programme australien est crédité d'une réduction d'environ 90 % des populations de mouches des pâturages.

Documentée
Détail

Bornemissza (1976), même source — description directe du programme et de son résultat sur les mouches, reprise depuis par le CSIRO dans ses bilans du programme.

En enfouissant la bouse en quelques heures à quelques jours selon l'espèce, les bousiers introduits ont supprimé le site de ponte des mouches avant l'éclosion, tout en retournant l'azote et le phosphate qu'elle contient vers le sol plutôt que vers les cours d'eau environnants.

50 ans (Australie)

Loin d'être une solution temporaire, la population introduite s'est maintenue et diversifiée : elle forme aujourd'hui cinq groupes génétiquement distincts adaptés chacun au climat de leur région, preuve d'une implantation durable plutôt que d'un simple relâcher ponctuel.

Documentée
Détail

Rapalai, B.L., Simmons, L.W., Evans, T.A. et Kennington, W.J. (2024). Genetic and Phenotypic Divergence in a Dung Beetle 50 Years After Its Introduction to Australia. Ecology and Evolution, 14(11).

L'analyse génétique de 187 bousiers sur 12 sites australiens montre une divergence génétique significative entre régions climatiques, et une divergence de la forme des pattes fouisseuses encore plus marquée que la divergence génétique neutre — signe d'une sélection active en cours, pas seulement d'une population figée depuis son introduction.

Par extrapolation

L'élevage bovin britannique et américain tire une valeur estimée à plusieurs centaines de millions de dollars par an des bousiers déjà présents, essentiellement via la réduction des parasites du bétail — ce qui suggère qu'un déclin des bousiers ailleurs, notamment à cause des antiparasitaires administrés au bétail, aurait un coût comparable à ce que l'Australie a connu avant 1968.

Extrapolée
Détail

Extrapolation à partir des estimations de valeur économique du Royaume-Uni et des États-Unis, combinées au cas historique australien, sans mesure directe d'un effondrement à l'échelle d'un pays ailleurs qu'en Australie avant introduction.

Plusieurs études notent que l'usage soutenu d'antiparasitaires en élevage bovin nuit aux assemblages de bousiers en tuant les larves qui se développent dans la bouse traitée — un mécanisme différent de celui de l'Australie pré-1968 (absence d'une guilde adaptée) mais qui pourrait produire un résultat comparable si l'usage se généralise.

Ce qui manque pour confirmer : Aucune étude ne mesure directement, à l'échelle d'un pays entier, le coût d'un effondrement des bousiers dû aux antiparasitaires plutôt qu'à une inadéquation historique comme celle de l'Australie.