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Bécasseau maubèche

Calidris canutus

La population hivernant en Terre de Feu, sous-espèce rufa, est passée…
Risque d'extinction Quasi menacée
MigrationDéclin catastrophiqueEspèce parapluie
Bécasseau maubèche (Calidris canutus)
Photo : Chuck Homler, Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Et si elle disparaissait ?

Impact Élevé
1 an

Le bécasseau maubèche disparu, la part des œufs de limules qu'il consommait chaque printemps dans la baie du Delaware — jusqu'à 80 % de toute la sous-espèce rufa nourrie au même endroit et au même moment — reste disponible pour les autres oiseaux de rivage qui partagent cette plage à la même saison.

Extrapolée
Détail

Extrapolation à partir du fait, déjà établi dans cette fiche, que la baie du Delaware accueille 50 à 80 % de toute la sous-espèce rufa au même moment (Niles et al., 2009) — pas d'une étude mesurant ce que deviennent les œufs une fois le bécasseau disparu.

La baie du Delaware n'est pas une halte parmi d'autres pour le bécasseau maubèche : c'est le goulot où la moitié à quatre cinquièmes de toute la sous-espèce rufa se nourrit en même temps, sur les mêmes plages, pendant quelques semaines. Sa disparition libère mécaniquement cette part des œufs de limules pour les autres espèces qui s'y arrêtent aussi — un effet immédiat, avant que la suite ne se joue.

Ce qui manque pour confirmer : Aucune étude ne mesure directement combien de cette part d'œufs libérée profite réellement aux autres oiseaux de rivage la première année.

10 ans

Mais cette impression de surplus ne durerait pas : la récolte de limules pour appât, multipliée par dix dans les années 1990, avait déjà fait chuter de plus de 90 % la disponibilité de leurs œufs sur ces mêmes plages — une pénurie qui touche tous les oiseaux qui s'y nourrissent, pas seulement le bécasseau. Dans la décennie suivant sa disparition, les autres espèces de rivage affronteraient vraisemblablement la même chute de survie et de recrutement des jeunes qui avait emporté le bécasseau.

Extrapolée
Détail

Extrapolation à partir de Niles et al. (2009), qui documente l'effondrement de la disponibilité des œufs de limules et son effet sur le bécasseau, pas sur les autres espèces de rivage qui partagent la même plage.

Baker et al. (2004) montrent qu'une proportion croissante de bécasseaux n'atteignait plus le poids seuil nécessaire pour achever leur migration, avec une survie adulte en baisse de 37 % en une seule saison et un recrutement des jeunes en baisse de 47 %. La pénurie d'œufs qui a produit ce résultat chez le bécasseau touche la même ressource pour les autres oiseaux de rivage présents sur la même plage — rien n'indique qu'ils y échapperaient.

Ce qui manque pour confirmer : Aucune étude ne suit les autres espèces de rivage de la baie du Delaware pour confirmer qu'elles subiraient le même déclin que le bécasseau une fois celui-ci disparu.

100 ans

Un siècle sans bécasseau maubèche, la baie du Delaware perdrait vraisemblablement l'attention de conservation qu'il attirait comme espèce parapluie : des plages qui accueillaient jusqu'à 80 % de toute une sous-espèce d'un coup deviendraient un site côtier parmi d'autres, sans programme dédié pour protéger la ponte des limules dont dépendent encore les oiseaux qui restent.

Hypothèse
1000 ans

Sur mille ans, même si limules et oiseaux de rivage se rétablissaient par ailleurs, rien ne recréerait le circuit précis du bécasseau maubèche — plus de 30 000 km par an entre l'Arctique canadien et la Terre de Feu, calé sur une seule fenêtre de ponte à un seul endroit. Ce lien migratoire précis entre les deux bouts de l'hémisphère resterait rompu pour de bon.

Hypothèse

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