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Ara bleu et jaune (ara ararauna)

Ara ararauna

supérieure à 10 000 individus matures selon l'UICN, avec un déclin…
Risque d'extinction Préoccupation mineure
Forêt tropicaleDisperseur de grainesSavane
Ara bleu et jaune (ara ararauna) (Ara ararauna)
Photo : H. Zell, Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)

Et si elle disparaissait ?

Impact Élevé
1 an

Sans ara, les graines du palmier motacú cessent d'être transportées loin des arbres-mères : le bétail, souvent présenté comme un remplaçant possible, échoue à les disperser efficacement — son piétinement compacte le sol et rend la graine inutilisable même quand elle est avalée.

Documentée
Détail

Baños-Villalba, A., Blanco, G., Díaz-Luque, J.A., Dénes, F.V., Hiraldo, F. et Tella, J.L. (2017). Seed dispersal by macaws shapes the landscape of an Amazonian ecosystem. Scientific Reports, 7(1), 7373.

L'étude cartographie la position des jeunes palmiers par rapport aux arbres-perchoirs des aras et aux sentiers de bétail : la proximité aux perchoirs favorise les jeunes palmiers, la proximité aux sentiers de bétail les défavorise, à cause du piétinement et du compactage du sol par le bétail qui rendent la dispersion inefficace même quand les graines sont ingérées. Rien dans ce paysage ne remplace efficacement l'ara comme disperseur.

10 ans

Dix ans plus tard, les nouveaux plants de motacú cesseraient d'apparaître loin des vieux arbres-perchoirs : la connectivité entre les îlots forestiers de ce paysage de savane, que l'étude bolivienne attribue à l'ara, commencerait à s'éroder — un déclin déjà amorcé au Paraguay et ailleurs sous la pression du commerce d'animaux de compagnie.

Extrapolée
Détail

Extrapolation à partir de Baños-Villalba et al. (2017), qui documente le mécanisme de dispersion mais pas un cas réel de disparition locale de l'ara sur un site suivi.

Le raisonnement s'appuie directement sur le mécanisme démontré par Baños-Villalba et al. (2017) : si le bétail ne peut pas compenser la perte de l'ara comme disperseur, la disparition locale de l'oiseau devrait logiquement ralentir la recolonisation des paysages de savane par le palmier — un effet plausible mais non encore observé sur le terrain.

Ce qui manque pour confirmer : Un suivi comparatif de la régénération du palmier motacú entre une zone où l'ara a disparu et une zone témoin où il persiste, sur plusieurs années.

100 ans

Sur un siècle, ce paysage de savane ne retrouverait probablement jamais ses îlots forestiers les plus éloignés : sans un disperseur capable de porter les graines à plus d'un kilomètre, seuls les alentours immédiats des anciens perchoirs continueraient à voir pousser de jeunes palmiers.

Hypothèse
1000 ans

Sur mille ans, même si un autre animal finissait par disperser une partie des graines du motacú, il n'atteindrait probablement jamais les 1 200 mètres que parcourait l'ara : le paysage resterait durablement plus fragmenté, avec des îlots forestiers plus petits et plus isolés qu'avant sa disparition.

Hypothèse